Je vais vous parler aujourd’hui de la diversification alimentaire telle que nous la pratiquons à la maison : DME, diversification alimentaire menée par l’enfant. Vous en apprendrez beaucoup en allant lire ce site qui lui est consacré. Cette façon de faire regroupe quelques principes de base

  • attendre que l’enfant soit prêt et réclame l’introduction des solides ;
  • ne pas forcément proposer purées et compotes, mais donner d’emblée des morceaux (de taille et de texture adaptée pour que l’enfant puisse les saisir et les mâcher) ;
  • ne pas cuisiner spécifiquement pour le bébé mais adapter la cuisine familiale pour être en mesure de proposer au bébé des aliments venant du plat familial (éviter donc les frites et les lasagnes pendant quelques temps, saler un peu moins).

On peut également lire ce texte de la LLL ou ce feuillet du docteur Jack Newman qui présentent quelques recommandations concernant l’introduction des solides pour les bébés allaités.

Avant de poursuivre, je vous rappelle les recommandations officielles de l’OMS concernant la diversification alimentaire des bébés : « Les nourrissons doivent recevoir un allaitement maternel exclusif les 6 premiers mois de vie, puis recevoir des aliments de complément tout en poursuivant l’allaitement maternel durant les 2 premières années ou plus. »

Suivre le rythme de l’enfant.
Il est recommandé d’attendre que l’enfant ait 6 mois pour proposer des solides, mais certains bébés manifestent leur désir de goûter bien plus tard et refuseront les solides jusqu’à 8 mois ou plus. D’autres bébés seront demandeurs bien plus tôt, comme mes enfants. Clémentine avait 4 mois et 1 semaine quand elle a intercepté un morceau de melon entre mon assiette et ma bouche pour le porter à sa bouche. J’ai repris le melon et elle l’a attiré à nouveau vers elle pour le sucer vigoureusement. Paul avait 4 mois et 3 semaines quand je lui ai tendu un bâtonnet de carotte pendant un repas pour tenter de faire taire les grands cris qu’il poussait pendant chaque repas depuis plusieurs jours. Instantanément il a cessé de crier et de plonger les mains vers mon assiette, a saisi la carotte et l’a portée à sa bouche pour la téter longuement. Ils étaient prêts ! Depuis, nous avons monté la chaise haute de Paul, une Tripp-Trapp lui permettant d’être assis à la même table que toute la famille, et lui proposons régulièrement des aliments quand il se manifeste. Sinon, il a quelques jouets posés devant lui.

Inutile de faire des purées et des compotes à chaque fois.
C’est la diversification de la mère flemmarde. On peut proposer à l’enfant ce qu’il y a dans l’assiette de Maman. Des légumes bien cuits, voir un peu écrasés ou pré-mâchés (comme les petits pois). L’enfant va très peu s’étrangler, une fois ou deux, régurgiter ce qui est trop gros, puis il apprendra à cracher ce qui ne lui convient pas, avaler ce qu’il peut, mâcher (Paul presque 6 mois mâche des morceaux de carotte cuite encore ferme). Cette page est très claire sur le fait qu’un bébé sait gérer l’étranglement, et que la régurgitation est un signe de bonne santé et de bon apprentissage plutôt qu’un signe inquiétant.

Il faut cependant adapter un peu la cuisine familiale. Éviter le trop salé, les aliments très allergisants (fraises, œuf…), éviter la cuisine très épicée sauf si c’est votre cuisine quotidienne (dans ce cas l’enfant y est déjà bien habitué par votre lait)…

Proposer pour la découverte des goûts
Ne pas se focaliser sur la quantité réellement avalée. La première année, les solides sont là pour la découverte des goûts, pour l’apprentissage de la mâche et de la déglutition adaptée aux morceaux. Le lait maternel reste l’aliment prioritaire et essentiel. Paul adore mâchouiller le brocoli ou des bâtonnets de courgette crue mais ne les avalera pas. En revanche, il peut manger la pulpe de 3 figues d’affilée, en criant parce que la suite n’arrive pas assez vite à son goût.

Ne pas se focaliser non plus sur le refus d’un aliment. On pourra le proposer à nouveau une autre fois.

Confort
Attention à la peau des légumes et fruits contre le palais. Elle peut s’y coller ou être très désagréable au contact et provoquer des vomissements car l’enfant n’a pas le réflexe d’aller décoincer le morceau avec le doigt. Je vous recommande de peler les morceaux de tomate et de poivrons par exemple, de percer la peau de la cerise avec les dents avant de la donner au bébé.

Présenter la pulpe contre la langue (là où sont les papilles), c’est plus appétissant pour bébé. C’est aussi plus facile pour l’enfant de téter le fruit et d’en détacher peu à peu des morceaux ramollis qu’il est en mesure d’avaler.

Outils
Paul aime beaucoup s’occuper avec nos outils d’alimentation pendant le repas, autant que goûter nos aliments. C’est ainsi que je lui donne souvent un gobelet, un pot de compote vide ou une petite cuiller pendant que nous mangeons. Il réclame souvent une fourchette, mais pour le moment, je crains qu’il ne s’éborgne…

Propreté
Prévoir une toile cirée par terre sous la chaise haute si vous ne voulez pas laver le sol à tous les repas…

PS : non, je ne donne pas uniquement des carottes à mon fils, c’est juste que nous ne faisons pas de photo à chaque nouvel aliment…