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Clémentine est dans une phase où elle saute, partout, tout le temps. Elle réclame régulièrement qu’on achète un trampoline d’ailleurs. Ce qui m’horripile, c’est quand elle saute sur le canapé ou sur les lits. J’ai peur qu’elle tombe, qu’elle se fasse mal, ou qu’elle casse quelque-chose. Plusieurs fois son père ou moi lui avons demandé de cesser de sauter sur le lit, ou sur le canapé, sans succès.

Il y a 10 jours de ça, un matin, pendant qu’elle me faisait un gros câlin (inhabituel pour l’heure, mais elle commençait à avoir de la fièvre), je lui ai parlé de ce problème. Je lui ai expliqué que je comprenais qu’elle avait besoin de sauter, je lui ai aussi parlé de mes craintes, et lui ai demandé que l’on réfléchisse pour trouver une solution qui nous conviendrait à toutes les deux. Puis j’ai commencé à proposer, prête à lui passer le relai quand elle le souhaiterait : poursuivre la lecture…

Clémentine a eu une période où elle était difficile à habiller, tant dans le choix des vêtements, son refus de choisir, son refus de s’habiller ou de se laisser habiller… Bref, avant que ça ne devienne un vrai combat j’ai eu l’idée d’inverser 2 étagères de son placard pour mettre les draps en hauteur et ses vêtements à sa hauteur.

1- t-shirts et chemises ; 2- jambières ; 3- chaussettes ; 4- culottes ;
5- gilets ; 6- shorts, pantalons et salopette ; 7- chemises de nuit

L’idée à fonctionné. Elle a décidé du placement poursuivre la lecture…

L’association Graine de parents (forum ici ; blog ici) basée à côté de Bourg en Bresse organise une formation à l’éducation respectueuse de février à juin. Ils cherchent encore quelques participants.
Voici plus de détails :

Voici les dates retenues pour la formation autour de l’éducation respectueuse que nous allons entamer :
me 2 fev ; ve 25 fev ; ve 18 mars ; mer 20 avril ; ve 13 mai ; me 8 juin

Les séances dureront 3h, et auront lieu chez Isabel (à Neuville sur Ain), avec possibilité de changer, un soir, de lieu si quelqu’un ne peut se déplacer et veut accueillir. L’horaire est 18h-21h, avec, bien sûr, un petit repas partagé au milieu !

Le prix demandé par Isabel est de 150 euros par séance. Le prix par personne sera donc dépendant du nombre que nous serons au total (nous espérons monter un groupe de 10 à 15 personnes).
Isabel est ouverte au troc, pour les personnes qui ne pourraient payer la totalité de la formation. Voici une liste de services dont elle aurait besoin :
- travaux de couture,
- repas tout prêts,
- aide pour notre déménagement (chargement de la yourte en mai, grand ménage et menus bricolages fin juin au moment de laisser la maison, aide au chargement de quelques meubles et cartons…)
- je suis aussi preneuse de cours de piano (trad, jazz, improvisation, rythmique…) et de partitions
- idem pour des cours de néerlandais (niveau 2) ou d’arabe (niveau rez de chaussée) si jamais…
- et ouvertes aux idées que vous pourriez avoir.

Voici également ce sur quoi elle s’appuie pour les séances, qui se construiront aussi au fur et à mesure des demandes de chacun :
observer sans juger
exprimer ses véritables émotions
décoder les besoins humains fondamentaux
formuler une demande efficace et motivante
faire un usage protecteur de la force
résolution des conflits (intérieurs et extérieurs)
empathie pour soi et pour autrui
travail sur le corps
travail sur le « regard » porté sur nous et sur les enfants
agir en médiateur
soigner ses regrets
etc…

- jeux d’exploration et d’entraînement, ateliers sur situations vécues, apports explicatifs, témoignages
- courts temps de réflexions individuels, travail en binômes, en sous-groupes et en grand groupe
- proposition de bibliographie, de sitographie, etc.

Le temps restant avant le début de la formation étant très court, merci de nous donner une réponse très rapidement pour ceux et celles qui sont intéressés (vous pouvez venir seul ou en couple, avec ou sans vos enfants).
Pour rappel, nous demandons aux personnes qui s’engagent de le faire sur la totalité des séances.
N’hésitez pas à transmettre l’info aux personnes de votre connaissance susceptibles d’être intéressées.

Si vous êtes intéressés, contactez-les !

… ça marche même avec Doudou !

Depuis le réveil de la sieste, Clémentine gardait doudou contre elle, sous son gilet, en disant qu’il était bien dans le sling.
Nous devons partir faire quelques courses. Je lui dit que doudou ne peut pas venir avec nous et qu’il faut le laisser à la maison.
Elle s’assoit en bas des escaliers, et le berce en lui disant « Je sais que tu es bien dans le sling, mais on doit aller faire des courses. On n’a plus de phyzozique pour moucher mon nez. Tu es déçu, hein. On rentre vite. » Puis un gros câlin, un bisou et elle est allée le poser.

Nous faisons beaucoup d’efforts (sans toujours y réussir, on est humains après tout) pour avoir de la patience avec Clémentine pendant ses crises de nerfs causées par j’ai-deux-ans-et-je-m’affirme-peut-importe-ce-qu’il-m’en-coûte…
J’ai lu cet été Parents Efficaces de Thomas Gordon, après avoir participé l’année dernière à un atelier d’auto-formation Faber & Mazlish. Autant dire que nous essayons au quotidien d’appliquer la fameuse méthode sans perdant chère à Gordon et de trouver une solution qui nous satisfasse tous lors d’un conflit.

Ce matin, Clémentine n’arrivait pas à lâcher son nouveau livre (qui fera l’objet d’un prochain article) reçu par la Poste le matin même alors qu’il était l’heure de partir au marché. Elle nous a demandé à l’emmener, ce à quoi nous lui avons répondu qu’elle pouvait le lire dans la voiture, mais qu’il faudrait l’y laisser pour ne pas risquer de le perdre ou de l’abîmer au marché.
Elle nous répond par une moue insatisfaite, réfléchit une seconde puis nous déclare avec un grand sourire : « mettre mon livre dans mon sac à dos ? »
Et voilà une solution convenable pour nous tous, proposée en un rien de temps par une petite demoiselle haute comme 3 4 pommes de 2 ans et 4 mois !

Cette anecdote a presque un mois. Un mois où nous nous en sommes étonnés, puis amusés et finalement réjouis.

Rembobinons un peu le fil du temps pour se retrouver le 19 juillet, à courir partout dans la maison, et de la maison à la voiture pour préparer les bagages pour nos vacances et les charger en essayant que tout rentre. Nous retournons fréquemment consulter la liste que j’ai faite, avec tout ce que nous devons mettre dans les valises. Je coche au fur et à mesure, et passe un coup de fluo sur ce qui devra être ajouté au dernier moment quand nous n’en aurons plus besoin à la maison…

Clémentine nous tourne autour, pleine de « pourquoi ? », elle rassemble aussi quelques jouets à ma demande… Puis je m’aperçois qu’elle a disparu de la circulation. Nous la retrouvons dans la voiture, au volant, en train de « conduire » comme elle adore le faire. Je lui rappelle de ne pas monter le son de la radio trop fort puis retourne aux bagages… Sauf qu’une heure plus tard, elle est toujours dans la voiture, je la sens tendue mais j’exige qu’elle descende et rentre pour passer à table. Elle refuse et commence une crise.

Une petite lumière rouge s’allume dans ma tête. Problème en vue. Il ne s’agit pas de jouer dans la voiture… Je cherche, je tâtonne, la crise empire… Et je finis par lui demander si elle a peur qu’on l’oublie. Entre deux sanglots, elle me répond « oui », visiblement soulagée. Je lui dit qu’on ne l’oubliera pas, d’ailleurs, nous avons installé son siège auto dans la voiture, et qu’il y a à côté son sac à dos avec ses jouets. Ça ne suffit pas. Elle ne veut toujours pas descendre de la voiture, et s’y cramponne, Poupou (son poupon chéri) dans les bras.

Je finis par lui demander ce que nous pourrions faire pour la rassurer sur le fait que nous ne la laisserons pas à la maison et qu’elle partira bien avec nous en vacances. Elle dit « éc’ire ‘Mentine, liste ! ». Étonnement. Je ne le montre pas et je vais chercher la fameuse liste et mon stylo rouge, et devant elle, j’y inscrit TINOU. Elle rajoute « éc’ire Poupou aussi ! ». Je le rajoute, et lui montre. « Tu vois, là il est écrit Tinou et là Poupou. Tu es rassurée maintenant ? ». Un oui de la tête et elle descend enfin de voiture pour nous rejoindre à table.

Un mois d’étonnement vis à vis de sa demande curieuse. Puis d’amusement, parce que ça prête à sourire, pour nous, adultes, qui savons qu’on ne laisse pas les enfants seuls pour partir en vacances. Puis enfin, nous avons perçu au delà de cette demande amusante le fait qu’elle ait proposé une solution à laquelle nous ne pensions pas. Une solution qui a permis de satisfaire son besoin de ré-assurance, et notre envie qu’elle descende de voiture et vienne manger. Je lui ai fait confiance pour proposer une solution, et elle en a trouvé une !

Clémentine, 27 mois

Un jour, au supermarché, pendant nos vacances, Clémentine est tombée en arrêt devant un sachet de ces pinces à linge en forme de pied. Elle semblait vraiment les vouloir, et puis des pinces à linge, ça sert toujours… Alors nous les lui avons acheté.
En rentrant à la maison-des-vacances, j’ai improvisé pour elle une petite activité d’inspiration Montessori.

J’ai cherché un grand bol en plastique dans les placards de la cuisine, et j’ai mis toutes les pinces dedans. J’ai posé le tout sur un coffre recouvert (par hasard) d’un petit tapis. J’ai appelé Clémentine, et je lui ai montré lentement, presque sans expliquer (je n’arrive pas à me taire -d’après mon mari- c’est mon grand défaut, je suis trop bavarde) comment pincer les pinces sur le bord du bol. J’ai bien décomposé devant elle le mouvement pour saisir la pince (du côté talon) et pour pincer et écarter les doigts de pied. Puis j’ai remis toutes les pinces dans le bol et lui ai simplement dit « à ton tour ». Je l’ai observée un peu, aidée à tourner la pince dans le bon sens pour qu’elle corresponde au bord du bol avant qu’elle ne crise complètement, puis je l’ai laissée faire et ai vaqué à mes occupations (en l’occurrence, étendre une machine de linge).

En revenant, j’ai constaté qu’elle s’était déplacée, et s’était spontanément installée par terre, sur un tapis de petite taille, comme sur le coffre. Elle « travaillait » à pincer, puis à enlever les pinces avec une telle application et une telle concentration que j’ai pu sortir l’appareil photo et faire une demi-douzaine de clichés avant qu’elle ne s’en aperçoive !

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Quand elle eut pratiqué la chose un certain nombre de fois, elle s’est mise à essayer d’accrocher les pinces à linge un peu partout dans la maison. Le câble d’alimentation de l’ordinateur, les rideaux, les barreaux de la chaise… Jusqu’à ce qu’elle revienne s’assoir sur le tapis pour essayer de mettre les pinces sur ses orteils ! Et là encore, elle y a mis tout son cœur et une grande application, pendant de longues minutes, pour finir par conclure « ça marche pas », avant de réussir à pincer le petit orteil et de déclarer en guise de fin d’activité « ça fait mal ».

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