J’avais envie depuis longtemps de tester le Tonga. Depuis que j’avais vu une copine vivre avec un tonga enfilé sur elle toute une après-midi (et son ainée qui y faisait de courts mais réguliers séjours), depuis que j’ai lu l’avis de Marie de la PorteBBthèque et tous les commentaires qui ont été postés à la suite de sa fiche… Bref, lorsque ma marraine de Galactée m’a dit qu’elle en avait un, je lui ai demandé de me le prêter un de ces jours. Elle me l’a passé début juin, et j’ai eu de nombreuses occasions de le tester depuis !

Celui que l’on m’a prêté est un Tonga réglable, muni d’une espèce de boucle sur laquelle on entortille plus ou moins de tissu pour régler le Tonga plus petit ou plus grand. Il m’a fallu quelques essais pour trouver l’emplacement qui me convient le mieux pour la boucle : environ à une largeur de main de la limite sangle/filet, placée entre les omoplates dans le dos.


Au début, j’ai eu le réflexe sling, et j’ai tenté de remonter le filet dans le dos de ma fille. Forcément, c’est impossible, à moins de ne plus soutenir du tout les jambes de l’enfant qui se retrouve alors plaqué contre son porteur, jambes pendantes, avec un filet qui le soutient à peine depuis l’arrondi des fesses jusque dans le dos. C’est du déjà vu, si ! si ! Un bébé de 6 mois maximum était porté ainsi dans les rues de Bourg en Bresse lors de la fête de la musique.

Le truc pour bien placer son enfant, c’est de lui positionner le Tonga du creux d’un genoux à l’autre, en essayant de l’asseoir le plus au milieu possible du filet. Puis une fois qu’il est dans la bonne position genoux remontés, fesses plus basses, dos arrondi, accroché par ses mains au porteur, alors on déploie le filet sous les fesses de l’enfant et on le remonte jusqu’où il veut bien aller : le bas des reins pour ma fille de 3 ans et un peu plus haut pour mon bébé de 6 mois. La tête de l’enfant est comme toujours à hauteur de bisou.


Ma fille a adoré. Comme elle nous a dit, elle se sent « serrée » dans le sling, et là, elle n’est « pas serrée » et ça lui plaît. Ce qui lui plait aussi, c’est cette variante de son acrobatie préférée…


J’ai pour ma part trouvé délicat de placer la bande du Tonga sur l’épaule. Il faut être honnête, ça n’est pas ce qu’il y a de plus confortable. J’ai assez vite trouvé la place de la boucle, et même si je la sens, elle ne me gêne plus, en revanche, si ma fille reste plus de 5 minutes dans le Tonga, je vais déplacer la bande du plat de l’épaule à la pointe de l’épaule et vice versa pour varier le point d’appui. Un sling est nettement plus confortable pour le porteur, mais ça n’est pas la même utilisation. Le Tonga est vraiment un mode de portage d’appoint.


Puis j’ai testé dans le dos. Ma fille me l’a apporté le lendemain de mes premiers tests, alors qu’elle voulait être portée pendant que j’étendais le linge. J’ai assez vite trouvé le bon placement, et ma fille ayant envie d’un câlin, elle m’a entourée de ses bras. C’était stable et globalement confortable. Ça l’aurait été encore plus si j’avais pensé à déplacer la boucle sur le Tonga pour qu’elle ne se retrouve pas à appuyer sur un os de l’épaule. J’ai pu étendre toute ma lessive ainsi, sans ressentir le besoin de poser ma fille ou de me presser de finir pour terminer le câlin sur le canapé.


Puis je l’ai passé au Papa, qui s’est gentiment exécuté. Nous n’avons pas du tout la même corpulence et l’immense avantage du Tonga à boucle, c’est qu’il a juste suffi de desserrer la boucle pour qu’il soit ajusté à sa taille. Le Papa est moyennement convaincu. Il préfère de très loin le confort du sling, même porté de façon peu conventionnelle. Mais il me rejoint sur un point : pour peu de temps, ou quand on veut le glisser dans une poche, c’est ce qu’il y a de plus pratique.


Puis je l’ai testé avec Paul, 6 mois. Autre confort. Intéressant, mais comme Paul n’a pas encore le réflexe de se tenir avec ses mains, j’ai du garder un bras autour de lui tout le temps. Et pour moi qui a énormément l’habitude du sling, c’était un vrai piège. Je me suis même fait une frayeur à un moment, en desserrant machinalement mon étreinte pour montrer quelque chose au jardin, et j’ai senti mon Paul partir à la renverse. Bref, je ne recommanderai pas pour porter un bébé qui ne sait pas se tenir si on a l’habitude de porter en sling où la présence du bras sur le dos de l’enfant est inutile.

Puis je l’ai testé en sortie. La fête de la musique en famille dans les rues de Bourg en Bresse. Une fois garés, Papa a pris Paul sur le dos avec le Manduca, et Clémentine a demandé à ce que je la porte tout de suite (profitant sans doute que mes bras étaient libres pour une fois). Alors j’ai sorti le Tonga que j’avais glissé dans mon sac au cas où. Clémentine était ravie, et moi soulagée parce que c’est toujours plus agréable que de la porter dans les bras où ses 15 kilos commencent à peser sérieusement. Je finis par avoir mal au bras et à adopter une position penchée en arrière bien peu confortable. Le Tonga permet de me rééquilibrer. Je l’ai portée dedans du parking à la préfecture, fait le tour du grand parc de la Prèf’ ouvert pour l’occasion, puis marché encore 5 bonnes minutes dans les rues en pentes. Au total, elle a du passer un quart d’heure ou 20 minutes d’affilée dedans. J’ai survécu. Je n’ai pas eu mal au dos par la suite. J’ai pu porter Paul immédiatement après pour une tétée urgentissime pour cause de langue malheureusement mordue.

Au final ? J’en suis bien contente. J’aurais tendance à dire que c’est le dernier porte-bébé à avoir. Le dernier, qu’on trainera partout, tout le temps, au cas où notre bambin fatigue, au cas où un endroit dangereux nous pousse à le porter quelques minutes… Le tout dernier qui ne prendra aucune place dans le fond du sac ou de la poche.

Et Clémentine ? Ce matin, nous nous apprêtions à partir au marché. Elle me voit sélectionner l’écharpe et dit « moi aussi ze veux qu’on me porte. » et joignant le geste à la parole, elle attrape le Manduca et le tend à son père. Mais l’autre jour, au jardin, elle me demande de la porter encore, alors que je venais de la poser parce que je commençais à avoir mal au dos de l’avoir dans les bras. Je lui dis « non, tu deviens trop lourde, je n’arrive plus à te porter. Ça me fait mal au dos sans porte-bébé ». Clémentine s’éloigne. Je la voir revenir quelques minutes plus tard le Tonga à la main. Elle me le tend et me dit « et maintenant, tu me portes ? » A la maison, pour quelques moments de câlins, c’est celui qu’elle préfèrera parce qu’on la porte devant (contrairement au Manduca où elle est sur notre dos) et qu’elle n’est pas serrée dans le tissu (contrairement au sling).

J’hésite donc à en chercher un d’occasion… Mais je ne suis pas bien décidée entre un réglable ou un à ma taille uniquement sachant que le Papa n’aime guère le Tonga de toute façon… Et vous, avez-vous testé ?